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07/04/2016

La guerre contre les huguenots - épisode 5

Cinquième volet de la guerre contre les Huguenots d'après les mémoires du Cardinal de Richelieu.

J'ai gardé le même procédé que pour le chapitre précédent, je lis et je vous résume ça le plus fidèlement possible :-) le récit originel dont je fournis des extraits (en italique).

Nous en étions à l'après siège de Montauban que les troupes royales n'ont pu défaire. Le Roi se rend à Toulouse et la rumeur rend de Luynes responsable de tous les maux et le traite de couard.


Extrait de la page 171 à la page 178, du tome troisième, publié par le Comte Horric de Beaucaire sous la direction du Baron de Courcel en 1912.


Nouveaux personnages:

Roquelaure: Antoine de Roquelaure, maréchal de France en 1615, maître de garde-robe du Roi, puis sénéchal et gouverneur de Rouergue et de Foix, lieutenant général de la haute Auvergne et de la Guyenne
Bastie: peut-être Bernardin Parpallia, comte de La Bastie, chevalier de la-Annonciade
Ast: Asti, ville du piemont, au sud-est de Turin.
Abbé de Foix: Bonaventure de la Font, abbé de Foix

1621 suite... et fin

L'épisode précédent se termine sur le discrédit jeté par l'opinion publique et de la noblesse sur la personne du Duc de Luynes, lequel, toujours dans les bonnes grâces du Roi, en prend ombrage et, voulant prouver sa vaillance, décide de se lancer dans le siège de Monheurt qui refuse de faire allégeance au Roi et où se sont retranchés Pardaillan et le marquis de Théobon, fils et gendre de Boësse, chef de Monheurt. De Boësse, je le rappelle, avait été assassiné peu de temps auparavant.

Voici donc la suite, toujours tirée des mémoires du Duc de Richelieu.

Roquelaure est chargé d'investir puis Louis XIII s'y achemine, ayant eu vent des mauvais propos tenus par de Luynes à son encontre.

Selon le Mercure François, tome VII, année 1621, page 926 raconte que les rebelles, apprenant l'arrivée du Roi de France en personne, chantaient à tue tête le début d'une Centurie de Nostradamus qui dit "sang royal, fuy Monheurt".

Le Roi envoie quérir de Luynes qui "tâcha par des paroles soumises et plus basses que sa condition ne portoit, à adoucir son esprit, mais en vain".
Il pensait rencontrer moindre résistance "... l'opiniâtreté des ennemis qui, bien que peu en nombre, étoient enflés de la dernière prospérité, résista plus longuement qu'il ne pensoit; car, quelque diligence que l'on y apportât, on ne put gagner le fossé que le 8 décembre."

Alors là, je préfère vous livrer le texte brut concernant les secours envoyés par Sainte-Foy, ce serait dommage de résumer pour une fois que je trouve un document témoin de l'époque :-)

"Cependant, ceux de Sainte-Foy osèrent entreprendre de le venir secourir (il s'agit de la ville de Monheurt, bien entendu); mais en ayant trouvé les passages bien gardés, et, d'autre part, ayant eu avis que la compagnie des gendarmes du Connétable, qui étoit logée à Gontaud, s'assurant sur les murailles de la ville qui n'étoient pas mauvaises, dormoit la nuit sans faire aucune garde, ils les allèrent réveiller au matin avec un pétard, entrèrent dans la place, tuèrent quelques-uns d'eux et pillèrent tout leur bagage."

De Luynes est désespéré et se lamente que Dieu n'est pas de son côté.

"Voilà ma compagnie défaite, Montauban que nous avons failli, Monheurt que nous ne pouvons prendre, les huguenots qui ne sont rien en effet et résistent à la puissance d'un Roi. Qu'est-ce là ?"

C'est à ce moment-là, qu'il tombe malade et à peine est-il alité que Monheurt est pris le 12 décembre, raconte toujours Richelieu.

Pour ce qui est de la prise elle-même, voici quelques détails.

"Deux mines ayant déjà joué à leurs bastions, Mirambeau, fils ainé de Boësse, se présenta sur la bèche et demanda à capituler, ce qui lui fut refusé; seulement fut-il donné la vie sauve tant à la garnison qu'à tous ceux de la ville, permis aux gentilshommes de s'en aller l'épée au côté et aux soldats le bâton en main. La place fut pillée et brûlée entièrement"

Voilà pour les causes du siège de Monheurt, simple concours de circonstances qui vit le village originel totalement détruit par les forces royales. Quel dommage que ses fortifications aient été rasées et surtout jamais reconstruites!
Il parait que deux boulets de canon de cette époque étaient encore dans la cour de l'école il y a 60 ans. Où sont-ils aujourd'hui ? Ce serait intéressant de les retrouver pour les exposer et faire revivre ce bout d'histoire.

Je continue encore un peu avec le sort de ce pauvre de Luynes qui ne sut même pas que Monheurt était tombé. Terrassé par la maladie, il succomba deux jours après la prise de Monheurt, non sans avoir auparavant brulé "une caissette pleine de papiers, qu'on soupçonna être des charmes ou des traités avec les huguenots, ou les uns et les autres. Des chrames il y a grande apparence par les diverses communications qu'il avoit eues avec les magiciens, car on sait qu'un nommé Bois-Gaudri fut envoyé par lui à Turin, avec La Blèche, quérir La Bastie, gentilhomme d'auprès d'Ast, et Dom Diégo, religieux piémontais, tous deux renommés magiciens qui lui donnèrent des herbes pour mettre dans les souliers du Roi et de la poudre pour mettre dans ses habits...Des traités, non seulement il appert par l'apparence qu'en donnèrent les voyages qu'il fit vers M. de Rohan, mais par l'assurance certaine qui se collige du billet que l'abbé de Foix trouva dans sa chambre, qui portoit qu'il avoit fait une forte liaison avec ses proches, par les discours qu'il en tin à Contades, lui disant qu'il se vouloit accomoder avec les huguenots pour sa fortune, qu'il voyait bien le dégoût du Roi, qu'il traitoit la Reine de sorte qu'elle seroit insensible si elle n'en avoit du sentiment, et partant qu'il croyoit que son seul refuge pouvoit être avec les huguenots, parmi lesquels il seroit fort considérable par le nombre des places et des deniers qu'il avoit en main"

La mort de de Luynes avait été annoncée au Roi dès le début du siège de Monheurt, par diverses source dont un capucin d'Agen, si bien que lors de l'arrivée des troupes de Sainte-Foy, le Roi "s'en sépara comme d'une personne qu'il ne devoit jamais revoir; et que, sur la première nouvelle de son indisposition, il dit à Deageant que c'étoit fait de sa vie"

Page 178 des mémoires de Richelieu, vous trouverez de nombreuses prédiction sur la mort de de Luynes peu après la défaite de ses troupes à Gontaud par les renforts de Sainte-Foy, suivent de nombreuses pages décrivant l'insolence, le peu de foi, point de générosité, l'esprit médiocre et timide de de Luynes. On peut dire que Richelieu se lâche grave sur le personnage :-)

De Luynes était, certes, trop ambitieux, au service des ses intérêts pour vivre longtemps, dit un certaine P. de Berulle, grand familier de de Luynes, mais surtout, il a su plaire au Roi et en obtenir des pouvoirs qu'il n'était pas capable de gérer.

C'était un homme ambitieux, mais également corrompu, hautain et piètre stratège. Ce qui a fait sa gloire l'a perdu, emportant avec lui le village médiéval de Monheurt qui ne fut reconstruit que beaucoup plus tard.






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