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06/03/2016

La guerre contre les huguenots - épisode 4

Quatrième volet de la guerre contre les Huguenots d'après les mémoires du Cardinal de Richelieu.

J'ai gardé le même procédé que pour le chapitre précédent, je lis et je vous résume ça le plus fidèlement possible :-) le récit originel dont je fournis des extraits (en italique).

Nous en étions à la défaite de Nérac et nous allons assister au siège de Montauban.



Extrait de la page 150 à la page 171, du tome troisième, publié par le Comte Horric de Beaucaire sous la direction du Baron de Courcel en 1912.

Nouveaux personnages:

Sauvage: ce protestant était capitaine doué de brillants talents militaires. Gagné au siège de Clairac par Lesguières et Boësse, il découragea les assiégés au lieu de les soutenir et tenta de faire de même au siège de Montauban où sa traitrise fut dévoilée. Il fut condamné à mort et exécuté.
Chamiers: Daniel Chamiers fut tué sur les remparts de Montauban.
Beaufort:Claude de Cadouane, seigneur de Gabriac de Beaufort, mestre de camp dans l'armée de Rohan, fut en 1626, député au synode de Castres. En 1627, Rohan le nomma son lieutenant général dans les Cévennes et le chargea de défendre le pays de Foix; il fortifia Pamiers, y fut attaqué en mars 1628, par Condé, et, la ville prise, livré au parlement de Toulouse qui le fit exécuter.
Théobon: Charles de Rochefort de Saint Angel, marquis de Théobon, marié à Jeanne d'Escodeca de Boësse
Pardaillan: Armand d'Escodeca de Boësse de Pardaillan, marquis de Miranbeau par son mariage avec Madeleine de Ponx-Mirambeau, fils ainé de Boësse
Monbrun: Jean Allemand du Puy, marquis de Monbrun, lieutenant du parti protestant de Provence
Comte de la Suze: Louis de Champagne, comte de la Suze, devenu prtestant par les instances de sa femme, Charlotte de la Rochefoucault

1621 suite...

Nous en étions restés à la prise de Nérac, victoire du Roi de France représenté par M. de Mayenne. Cette défaite provoque la rédition de Casteljaloux et de tout le duché d'Albret.
Boësse, alors gouverneur de Monheurt, rejoint le village après avoir défait Saint Jean d'Angely. Le roi décide de s'y rendre également et passe par Castillon qui lui ouvre ses portes, puis par Bergerac qui l'accueille et le 20 juillet il arrive à Tonneins d'où il décide d'assiéger Clairac qu'il pense soumettre en quelques jours, avant de s'attaquer à Montauban.


 Lesdiguieres et Boësse tentèrent sans succès de parlementer et de rendre les résistants à la raison "Lesdiguieres et Boësse s'avancèrent vers eux pour leur parler et essayer de leur faire reconnoitre leur devoir; mais ils furent reçus comme ennemis et apportèrent réponse au Roi qu'il n'en falloit rien espérer que par la force."

Le siège commença le 23 juillet par une attaque qui fit un peu reculer les défenses au prix de lourdes pertes parmi la noblesse fidèle au Roi "le sieur de Termes y fut tué, gentilhomme courageux, et la perte duquel fut grandement regrettée"

Les assiégés firent quelques sorties repoussées "avec de grandes pertes" et se rendirent le 4 août.

"Le Roi n'en fit punir que quatre seulement des plus séditieux"

La garnison qui devait traverser la Garonne par bateau à Aiguillon, refusa d'abandonner ses armes et subit de fortes pertes par noyade quand les bateaux se retournèrent "comme si la vengeance de Dieu les eut poursuivis au défaut de celle du Roi", commente Richelieu.

Le Roi part ensuite pour Agen où il arrive le 10 août.

Il fut informé que partout, ses armées avaient pris le dessus sur les rebelles, que "Albiac ayant voulu lui manquer de parole ... fut prise de force, pillée et brûlée, tout ayant passé au fil de l'épée, hormis les femmes et les filles tant seulement; qu'un vaisseau Hollandois, qui venoit chargé de quantité de munitions de guerre et d'armes pour les hérétiques du Bas-Languedoc, avoit été arrêté et pris à Cette le 4 août; que M. d'Epernon avoit empêché ceux de La Rochelle de faire leur moisson et que de tous côtés ses ennemis fléchissoient sous le bonheur de ses armes"

Fort de toutes ces bonnes nouvelles, le Roi entrepris les siège de Montauban le 18 août, guidé par le rebelle Sauvage, un traitre qui fut exécuté par les rebelles.
Le duc de Sully rejoint le Roi avec quelques députés des petites villes alentour afin de faire entendre réaison aux assiégés.
Peine perdue, la noblesse locale ayant perdu toute autorité au profit du ministre Chamiers et des consuls.

Le premier septembre, on commence à "battre la ville de quarante-cinq canons, qu'on divisa en neuf batteries, trois pour chaque attaque".

Le 4 septembre, le duc de Mayenne, donne l'assaut par une brèche qu'il pense percée par ses canons. "Le marquis de Thémines, à la sorite des tranchées, ayant fait à peine dix pas, fut tué d'un coup de mousquet; ce qui étonna tellement les mousquetaires qui le suivoient qu'on ne put les faire avancer"

Les mousquetaires laissent donc la noblesse donner seule l'assaut et celle-ci subit de très lourdes pertes.
Le duc de Mayenne en fut si affligé qu'il se résolut à ne plus envoyer si témérairement la noblesse "dont la vie lui étoit plus chère que la sienne", avant de mourir lui-même d'un coup de mousquet en pleine tête, en faisant voir ses tranchées au duc de Guise.

Luynes en profite pour tenter de salir sa mémoire en disant publiquement que les villes prises par Mayenne se sont en fait rendues par "son intelligence" et parle de sa mort comme d'une "juste punition de ses offenses"

Bordeaux et Paris font entendre leur mécontentement suite à la perte du duc de Mayenne et le 26 septembre, le temple de Charenton est brûlé par le peuple en colère.
Le parlement craint que cet incendie ne fasse se soulever les huguenots restés fidèles au Roi et "fit pendre quelques-uns de cette populace faisant publier un arrêt par lequel il étoit défendu, sous grandes peines, aux catholiques, de médire ni méfaire à ceux de ladite Religion prétendue réformée"

Le siège de Montauban a donc fort mal commencé et le moral des troupes royales est au plus bas, d'autant plus que les assiégés pouvaient entrer et sortir à leur guise par la porte de Saint-Antonin afin de communiquer avec le duc de Rohan et ils envoyaient des espions parmi les troupes du Roi.

Beaufort, gentilhomme des Cevennes, fit entrer 1500 hommes en renfort dans la ville par la porte de Saint-Antonin. 500 réussissent à entrer et Beaufort est emprisonné et envoyé à la Bastille où il restera jusqu'à la fin de la guerre.

Ces renforts entrés dans la ville redonnent du courage aux Montalbanais qui font plusieurs sorties avantageuses sur les troupes du Rois décimées par la maladie et le découragement.

De Luynes tente de recourir à la ruse et cherche à obtenir une entrevue "afin d'aviser aux moyens de paix", toujours sans succès.

Le duc de Montmorency arrivé en octobre avec 6000 hommes donne un espoir aux troupes, espoir très bref, car le duc tombe maladeet rentre illico.

C'est à cette période que le Roi apprend que Pardaillan, fils de Boësse resté à Monheurt et le marquis de Théobon, gendre du même Boësse agissent contre ses intérêts. Le Roi y dépêche Boësse père qui après être passé à Monheurt, entreprend de se rendre chez son gendre à Saint-Foy. Il est assassiné par quarante mousquetaires qui lui tendent un piège à Gensac.

Le Roi apprend alors que le Comte de la Suze est pris par des paysans de Dauphiné avec des plans de la ville de Grenoble, que Montbrun  s'est soulevé et veut tenter de prendre cette ville.

"Toutes ces choses obligèrent S.M. à renvoyer le maréchal de Lesdiguières en Dauphiné, pour, par sa présence, contenir Montbrun en son devoir, et donnèrent l'occasion au Connétable, de lever, au commencement de novembre, le siège de Montauban, que le désespoir de le prendre, le peu de troupes du Roi, le mauvais état de l'armée, les maladies, les pluies continuelles et la saison de l'hiver, en laquelle on entroit, obligeoient d'abandonner; le Roi y laissa seulement le maréchal de Saint-Géran avec six mille hommes de pied et mille chevaux, pour tenir ladite ville bloquée et empêcher que les commodités nécessaires y entrassent librement."

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Suit une longue tirade de Richelieu sur la couardise et la malveillance du connétable de Luynes, dévoré par l'ambition et si persuadé de sa puissance qu'il en offense souvent le Roi et intrigue dans son dos.
Cela laisse préssentir la déchéance de de Luynes qui approche à grands pas.

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 L'horizon royal noircit chaque jour un peu plus, une mauvaise nouvelle chasse l'autre, le Roi apprend que les deux plus grands vaisseaux de l'armée du duc de Nevers ont été pris par les Rochelais.

Le Roi quitte Montauban pour Toulouse fin novembre où le peuple lui réserve une entrée triomphale. Le parlement dit au Roi qu'ils ne s'affligeaient pas que Montauban ne soit pas tombé car cette guerre a pour objectif non leur liberté, mais la construction d'une citadelle par de Luynes qui, effectivement s'était déjà procuré les plans de la ville dans cet objectif.

"Se voyant décrédité parmi les gens de guerre, en mépris dans les corps et en haine parmi les peuples, il se résolut de faire un nouveau siège, espérant par là effacer la mémoire des choses passées, éluder la honte du dernier par la gloire d'une nouvelle prise."

Et voilà comment et pourquoi fut décidé le siège de Monheurt pour assouvir la soif de gloire d'un homme qui fut un des plus grands fourbes et couards du règne de Louis XIII.

Nous verrons plus en détail le siège de Monheurt dans un cinquième volet dès que possible.


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