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07/02/2016

La guerre contre les huguenots - épisode 3

Troisième volet de la guerre contre les Huguenots d'après les mémoires du Cardinal de Richelieu.

J'ai gardé le même procédé que pour le chapitre précédent, je lis et je vous résume ça le plus fidèlement possible :-) Le récit originel dont je fournis des extraits (en italique).

Nous en étions au premiers faits d'armes après avoir vu un aperçu de l'ambiance à la cour de Louis XIII, à laquelle manœuvres politiques et entourloupes nauséabondes étaient déjà légion.


Extrait de la page 141 à la page 150, du tome troisième, publié par le Comte Horric de Beaucaire sous la direction du Baron de Courcel en 1912.
Nouveaux personnages:

Anibal Grimaldi : ou de Grimaud, ne fut point Comte mais seulement Baron de Bueil. Ce fut son fils André qui porta ce titre.
André Grimaldi : fils du Baron de Bueil, lui-même Comte de Bueil. Emprisonné par le duc Charles-Emmanuel en même temps que son père, il ne fut pas mis à mort comme le fut ce dernier en 1621, mais mourut en 1665 à Paris.
François de Bonne de Créquy d'Agoult, comte de Sault et depuis duc de Lesguières, fils de Charles de Créquy, duc de Lesguières et de Madeleine de Bonne.
Benjamin de Rohan, seigneur de Soubise.
Daniel Durant de Hautefontaine, fils d'un protestant français émigré à Genève, gouverneur de Henri de Rohan et de son frère Soubise, maréchal de camp dans l'armée protestante.

1621 suite...


Le Roi, toujours agacé par cette assemblée de La Rochelle (lisez les épisodes 1 et 2), décide de se rendre au devant des rebelles non sans avoir rassuré sur leur sort, par une déclaration du 24 avril, les huguenots qui restent fidèles à leur "devoir".

Mais voilà que, lors des obsèques de Martin Le Noir, hôtelier à Tours, des manifestants anti-huguenots, perturbent le cortège funèbre qu'ils suivent jusqu'au cimetière, font pleuvoir insultes et injures, puis déterrent le corps pour le brûler.

"... la justice y accourt qui les en empêcha; mais le lendemain, la populace se rassemble, abat le cimetière et brule le temple.
..."

Le Roi fait envoyer une troupe qui s'avère insuffisante, puis y dépêche une compagnie de ses gardes qui firent pendre cinq coupables.

C'est à ce moment-là, que le Roi apprend la mort d'Anibal Grimaldi, comte de Brueil et de son fils André, do,nt les terres situées entre le comté de Nice et Provence, et que le duc de Savoie fit emprisonner et mourir à cause de la protection du Roi de France que celui-ci avait demandé en secret.

Pendant ce temps, à Saumur, fief des du Plessis-Mornay,  un complot se trame et le Roi a vent que l'assemblée de La Rochelle a écrit à Monsieur du Plessis de faire croire au Roi qu'ils se tiendraient tranquilles, afin que celui-ci passe sans s'arrêter et que "... dès qu'il seroit passé, on pût donner ordre aux fortifications et munitions de la place".
Ce fief avait été offerte par Henri III à Henri IV, alors Roi de Navarre, quand il vint le servir à Tours.

Le Roi part immédiatement pour Saumur, et contrairement à toute attente, s'installe non pas en ville, mais au château du Sieur du Plessis, plaça des gardes en ville et des Suisses "de l'autre côté de l'eau", empêchant du Plessis de s'opposer à cet occupation.

Le Roi souhaite enlever la charge de Saumur à du Plessis, mais craint une interprétation déformée de cet acte de la part des rebelles au risque de rassembler ceux qui n'ont pas encore bougé et lui restent fidèles.

Comme on le dirait aujourd'hui, il a "le cul entre deux chaises". Soit il laisse cette place forte importante entre les mains d'un huguenot avec le risque qu'elle devienne un lieu de rébellion, soit il lui en retire la charge et prend le risque de monter encore plus les huguenots contre lui.

Il décide finalement d'évoquer le grand âge de du Plessis pour lui enlever la charge de ce gouvernement et la transmettre au comte de Sault, petit fils du maréchal de Lesguières, un huguenot fidèle. Ceci fait, il appris que Saint-Jean-d'Angely avait également reçu l'ordre de lui refuser ses portes, mais surtout, que l'assemblée de la Rochelle avait promulgué une république en lieu et place du royaume.

"...
ils avoient fait entre eux un département de toutes les provinces de la France dans lesquelles ils étoient dispersés, lequel faisoit le partage, non seulement des villes qu'ils appeloient de sûreté, mais de tout le royaume, qu'ils avoient divisé en dix-huit églises, subdivisées, les unes en d'autres églises simples, les autres en colloques, qui avoient nombre d'églises simples sous eux.
En chacune de ces églises, ils avoient nommé et ordonné des chefs pour commander les armes, avec des conseillers qui les devoient assister, et pouvoir d'établir un ou plusieurs lieutenants sous eux et donner toutes les autres charges, à condition toutefois qu'on prendroit provisions de l'assemblée générale.
Ils avoient aussi ordonné des gouverneurs de toutes les places particulières et fait des lois de police et de gouvernement, tant en paix qu'en guerre, lesquelles ils vouloient être observées parmi eux.

Ils ordonnaient le duc de Bouillon pour leur chef général, avec pouvoir de commander et exploiter leur armée générale; mais il se garda de se méprendre et n'y voulut point entendre; la charge enfin demeura au duc de Rohan et à son frère, qui n'en eurent pas l'issue qu'ils espéroient.
..."

Le Roi est plus que jamais décidé à faire entendre le bruit des armes pour défendre son royaume et part pour Saint-Jean-d'Angely dès le 17 mai.

Saint-Maixent, Fontenay, Maillezais, Marans font face à Sa Majesté, les seigneurs de Niort et Loudun, restent fidèles au Roi; les huguenots furent rapidement défaits à Blois, Tours, Rouen, le Havre,  Caen, Dieppe, Saint-Quentin, Vitry et "plusieurs autres places dans les provinces"; Puis ils furent défaits avant même de s'assembler en Beauce, Vendômois et Dunois et plusieurs endroits où ils tentèrent de former une armée. Tous les participants à l'assemblée de La Rochelle furent déclarés criminels de lèse-Majesté.

Taillebourg fut pris le 30 mai et on somma Soubise de rendre la place. Il répondit "qu'il étoit là de la part de l'assemblée, et que l’exécution des commandements du Roi n'étoient pas en son pouvoir".

L'assaut fut donné le 18 juin et Hautefontaine, le bras droit de Soubise fut tué au cours de l'assaut. La ville se rendit la veille de la Saint Jean sous la promesse du Roi de "les laisser en liberté de leur conscience et en la jouissance de leurs biens, leur remettant tous les crimes qu'ils auroient commis pendant le siège et à l'occasion d'icelui, pourvu qu'ils demandent pardon à S.M. et jurassent de lui demeurer fidèles à l'avenir"

Soubise, malgré son engagement, repris sa lutte contre le Roi et la ville fut démantelée, ce qui, contrairement aux prévision du Roi, ne fit que raviver la fureur des huguenots.

Le Roi envoya des troupes à La Rochelle et fila en Guyenne où le duc de Rohan et le sieur de la Force soulevaient des troupes contre le Roi.
Ils s’étaient installés le 3 juin à Nérac, en avaient chassé les serviteurs du Roi et avaient armé la ville. M. de Mayenne y mis le siège.
La trahison d'un consul permit au sieur de la Force censé se trouver à Nérac, de prendre Caumont le 23 juin. M. de Mayenne quitte Nérac avec une petite troupe et attaqua le château et la ville et força de la Force à se retirer; il retourna à Nérac qu'il pris le 9 juillet. Plusieurs petites villes comme Casteljaloux et tout le duché d'Albret se "réduisent à l'obéissance du Roi".

Nous voilà non loin de Monheurt et de son siège, vous ne trouvez pas ? Cela fera l'objet d'un quatrième et dernier volet. Le suspens reste entier :-)

A bientôt !!

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