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27/07/2014

Ouvrage anonyme de 1622



PLAN DE LA VILLE DE MON-HEVR, AVEC
LES PARTICVLARITEZ DV SIEGE MIS DEVANT ICELLE,
BRVLEMENT, ET CHASTIMENT EXEMPLAIRE

Si chacun savait conserver son bonheur, les villes qui demeurent encore opiniâtres en leur rébellion, contre leur légitime Roi, prendraient exemple sur Monheur, seulement heureuse lors que par l’obéissance de sieur de Boesse  Pardaillan la rendit avec Sainte-Foy (dont il était aussi gouverneur) entre les mains de sa Majesté, incontinent après la prise de Saint Jean d’Angely. C’était un crève cœur aux rebelles de voir qu’un si beau et vaillant Capitaine avait donné une preuve si signalée de sa fidélité, et montré qu’il fallait obéir à son Prince sans conditionner le joug. Il n’est pas question de religion, disait-il, mais d’obéissance. 

Rien ne nous peut absoudre du serment de fidélité que nous devons à notre Souverain, pourquoi lui refuserions-nous l’entrée chez lui ? Aussi ce Seigneur assista le Roi au siège de Montauban, et y ayant été quelque temps, il sut que les habitants de Sainte-Foy voulaient remuer, il s’y achemine, et ayant reproché la perfidie des principaux auteurs du remument, ils l’assassinèrent misérablement. Sainte-Foy se rebelle, Monheur suit son heur faisant de même, et étant une place qui importait beaucoup contre le service du Roi, et pouvait fort incommoder le passage et commerce sur la Garonne où elle est assise entre Bordeaux et Toulouse, il fallut ôter cette mauvaise épine, et lui faire porter le châtiment de sa rébellion et  perfidie Elle était pour son petit circuit grandement forte, tant de ses murs anciens que des nouvelles fortifications. 


Le siège y étant mis, les habitants voulurent faire quelque effort le vendredi dixième Décembre 1621, et étant sortis environ deux cents, la rentrée ne fut pas de même, car il en demeura la plus part sur la place, et les autres blessés. Les approches se font gaillardement, les Suisses travaillèrent à l’ennui des Français sans perte d’hommes les batteries sont dressées parterre, et du côté de l’eau. Les mines sont avancées en peu d’heure jusque sous deux des principaux bastions. Le canon joue sans interruption, l’on ne donne ni délai ni repos aux assiégé. 
Le Roi commande à tout, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, fait diligenter la fabrique de plusieurs bateaux pour un assaut par eau et par terre. La première mine joue, et enlève le plus fort bastion vers la porte du côté de midi, quoique la seconde ne fit pas un semblable effet, les assiégés qui n’attendaient un si rude jeu, pensent à se rendre. 
Le Samedi onzième l’assaut étant redoublé , le Marquis de Mirambeau, fils aîné dudit sieur de Boesse, parut sur le rempart, demandant à parlementer. On les écoute, et sur ce qu’ils désiraient qu’il fut dressé une capitulation de leur reddition, le Roi manda qu’il fallait qu’ils se rendirent à sa merci. 

Le soldat pressait et ne demandait qu’à enter, de sorte que sa Majesté ayant commandé que toutes les femmes et filles sortissent avec peu de bagage, et entrassent dans les bateaux qui étaient au bord de l’eau. A peine furent-elles de l’autre côté de la rivière, que le soldat entra partout, et usant du droit de guerre, fit butin de ce qu’il peut. Ceux de la garnison, en même temps, sortirent le bâton blanc à la main. 
Les principaux auteurs de la rébellion furent mis en sure garde pour être punis, et enfin le feu purgea le reste du crime de cette misérable ville, qui est à présent toute en cendre. Dieu faisant de jour en jour prospérer les armes du Roi contre ceux qui étant ses légitimes sujets lui refusent perfidement l’obéissance qu’ils lui doivent.