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27/07/2014

Notes du Chanoine Durengues sur ce qui était alors le Prieuré de Maniort (aujourd'hui Monheurt)



PAROISSE DE MONHEURT (notes du Chanoine DURENGUES 1860-1948)

Saint Patron

De tout temps cette paroisse était sous le patronage de la sainte vierge (8 septembre). La fête locale se célébrait le dimanche qui suit la nativité de la sainte vierge. A ce patronage on ne sait pour quelle raison un curé vers 1883 (peut être M. Lionnet ?) jugea à propos de substituer celui de saint Cloud. Les curés suivants comme M.Dubrouzier, M. Lanusse ont beau protester il fallut s’incliner devant le fait accompli. De nos jours la fête locale est fixée au 7 septembre jour de saint Cloud, confesseur.

Titres

Sous l’ancien régime, cette paroisse était unie avec le diocèse de Condom, archiprêtré de Cayran, à la nomination de l’évêque. Dans leur projet de circonscription (1792) les constitutionnels lui conservèrent sont titre de cure Elle a été érigée à l’organisation (1803) en succursale du canton de Damazan.


Ancien établissement religieux Le Prieuré de Notre Dame de Monheurt

Ce prieuré fut fondé vers la fin du XI éme siècle par Gérard, premier abbé de la Sauve sur une terre que lui avait donné Etienne de Caumont.

Comme le lieu de Monheurt était alors situé sur la paroisse de Saint Christophe de Lannon (depuis de Villeton) et que cette paroisse appartenait à l’abbaye de saint Sever un conflit ne tarda pas à s’élever entre les deux abbayes. L’historien de la Sauve, Monsieur de La Ville a raconté ainsi cet incident : Gérard résolut de bâtir une église sur le lieu de Maniort (aujourd’hui Monheurt dans le diocèse d’Agen) ajoutée, par Etienne de Caumont, à d’autres donations. Mais des contradictions l’attendait dans cette entreprise Arnaud d’ Estios, abbé de saint Sever, s’y opposa parce que cette terre était située dans la paroisse de saint Christophe appartenant à son abbaye. Notre saint toujours plein de douceur et cependant toujours ferme au milieu des obstacles ne se laissa pas décourager et poursuivit son œuvre. L’église bâtie, un grand nombre d’habitants vient l’environner, un village se format avec tant de succès pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, que Gérard eut la consolation de voir le fils du vicomte de Gavarret, plein de reconnaissance de tant de bienfaits répandus sur ses sujets, venir à la Sauve confirmer les actes de son père et demander en échange leur fraternité et leurs prières , et que plus tard un autre abbé de saint Sever, Suavins, s’empressa aussi de renoncer à toute réclamation et de faire entrer son abbaye en participation aux bonnes œuvres.

En l’an 1149 Fourius abbé de saint Sever céda au prieur de Monheurt les dîmes de saint Christophe de Lannon tout en se réservant le droit de les récupérer. Selon toute vraisemblance la paroisse fut alors démembrée ; l’église de saint Christophe avec une partie de territoire resta au prieur de Buzet qui la possédait encore en 1790 sous le nom de saint Christophe de Villeton . Le reste du territoire comprenant les églises de Monheurt et de saint Pierre de Lannon fut attribué au prieuré de Monheurt.
A ce prieuré Elie II de Castillon évêque d’Agen unit en 1164 l’église Notre Dame de Coutures près de Casteljaloux. Plus tard Benoît de Guiton  (+ 22 février 1485), cet abbé de La Sauve qui reconstitua le patrimoine de l’abbaye très éprouvé pendant la guerre de cent ans annexa à Monheurt les églises bénédictines de Perillac, Canillac, Prignac, Saint Aubin, Sainte Gemme, Saint Pardoux, Verdegas, Saint Barthélemy de la Barde.
Dom Estiennot avance sans aucune preuve d’ailleurs que Saint Gérard avait établit à Monheurt une communauté de moines qui y subsista jusqu’aux guerres de religion. Il est bien plus certain que comme à Buzet il n’y eut à Monheurt qu’un religieux à poste fixe, portant le titre de prieur. Le religieux lui-même avait disparu au XVI éme siècle et depuis le prieuré est tombé à l’état de bénéfice simple.

Bien qu’il eut perdu une partie de sa dotation il passait encore à la fin de l’ancien régime pour un des plus riche de la contrée. Le dernier prieur, Dom Brioude avait affermé tous les biens en dépendants, c'est-à-dire les fruits décimaux des paroisses de Monheurt, Saint Pierre de Lannon, Saint Jean de Marsac, La Sauvetat, Figuiers, Notre Dame de Coutures et le domaine de la Banière autrement du prieur dans la paroisse de Monheurt, moyennant 6700 livres par an, une douzaine de serviettes (valeur 20 livres), une nappe de douze couverts de toile de brin (1) ouvrées (valeur 10 livres) et 20 aunes (2) de toile aussi de brin de ¾ de large (valeur 50 livres). En outre le fermier était tenu de donner annuellement au curé de Notre Dame de Coutures 8 sacs de froment, 8 sac de seigles et 8 sacs de blé d’Espagne et de payer toutes les impositions royales, seigneuriales et locales du domaine de la Banière, ensemble la portion de l’honoraire à laquelle le prieur pouvait être tenu envers le prédicateur de Villefranche.
On vendit pendant la révolution deux pièces de terre labourable, friche et pré, de 12 journaux (3) ¾ au lieu dit la Beyrie ou à la Cave, paroisse de Monheurt, ci devant au prieur, estimées 4400 livres.

Topographie
Cette paroisse s’étend sur la rive gauche de la Garonne qui la borne à l’est. Elle forme la partie la plus importante de la commune du même nom, celle-ci renfermant encore Monluc dans la  paroisse de Saint Léger, Pélissier dans la paroisse de Puch. Aussi bien sa superficie n’est elle que de 623 hectares tandis que celle de la commune est de 1 134 hectares, 24 ares, 43 centiares. Le village de Monheurt est situé au bord du fleuve, sur un tertre formé d’un remblai destiné à le mettre à l’abri des inondations. Autre lieu principal Moulinet à 800 mètres de l’église.
A 1 Km de Damazan, à 28 Km de Nérac, à 36 Km d’Agen, Bureau de PTT à Damazan. Halte de chemin de fer à Nicole (1 Km ½). Gare à Aiguillon (8 Km)

Note d’histoire
Le protestantisme, comme dans beaucoup de nos paroisses, s’établit à Monheurt par la violence. On lit dans une lettre du parlement de Bordeaux au Roi, à la date 1560 … Pareillement le curé de Monheurt en Agenois, s est venu plaindre de ce que après avoir fait le service divin, un jour de Dimanche, environ dix heures du matin, ayant fait fermer les portes de l’église, suyvant les arresty de ceste vostre court, affin que telles prédications prohibées ne se fissent en icelle et que le peuple ne fust séduict, ung grand nombre de gens, les aucuns ornez d’espées, avoient blessé ledict curé et baillé à son vicaire, par derrière, ung coup d’éspée à travers son corps et les eussent thuez, n’eust été qu’ilz trouvèrent moi en se retirer, lesquelz furent faicts en haynede ce que ledict curé et vicaire ne leur vouloient bailler les clefz de l’église pour faire prescher ung ministre qu’ilz y avoient mené, lequel ilz firent prescher par force.

Au mois de Novembre 1569 Moussier et Chassauldy  occupent Monheurt. A. Mongommery  s’y établit pour préparer un pont de bateau. Cette place est prise par Biron au mois de juillet 1580. Elle est assiégée en présence de Louis XIII au mois de Novembre 1621, elle capitule après un mois de siège et elle est brûlée et rasée le lundi 13 Décembre suivant.
On voit encore quelques substructions (4) des murs d’enceinte qui furent rasés par ordre de Louis XIII après la prise de la ville.

Eglise
L’église primitive fut détruite sans doute avec le village en 1621. L’église actuelle est un édifice du XVII éme  siècle, sans style, construit en briques et en pierres, sans contreforts, pilafonné partout. Elle se compose d’une nef unique de forme rectangulaire de 112 m2 de superficie et d’un chœur ou abside en éventail à cinq pans. La façade principale était percée dans son pignon d’un campanile où se balançait une cloche de 150 Kilos. En 1895 le conseil municipal vota 18 000 francs pour la restauration de cet édifice et la construction du clocher. Il demanda en même temps pour le même objet un secours à l’Etat de 10 000 francs.

Temporel
Sous l’ancien régime, comme nous l’avons dit, le prieur de Monheurt prenait toutes les dîmes de cette paroisse. Il donnait 1300 livres au curé pour sa portion congrue et ses novalis. Il est probable que dans cette somme était comprise l’indemnité due au curé pour la desserte de la paroisse voisine de Saint Pé de Lannon. A la fin de l’ancien régime il ne restait de l’église de Saint Pé de Lannon que les murailles, le clocher et le cimetière au bas duquel coulait le gros ruisseau de la Cave. Ces objets furent vendus au profit de la nation pendant la Révolution. Cette église était annexe de Lussac dont elle était éloignée de d’une grosse heure et demie. De temps immémorial, à cause de la distance, les curés de Lussac se déchargeaient volontiers sur ceux de Monheurt du service de cette annexe. Cet arrangement avait été approuvé par les évêques de Condom, notamment par M. d’Auterroches, dans son verbal de visite du 11 Mai 1769. Parmi les biens nationaux situés dans cette paroisse on trouve une pièce de terre labourable au milieu de laquelle était le cimetière, d’une contenance de 2 journaux ¼ , d’une valeur locative de 140 livres et capitale de 3080 livres. Un ancien curé, M. Brousse, avait laissé à ses successeurs un lopin de terre pour le revenu ……être employé au soulagement des pauvres de la paroisse.
Le presbytère qui avait été acheté par la commune au mois d’Octobre 1833 fut incendié en 1874. Il fut reconstruit en de belles proportions sur un devis de 13 159 francs. L’Etat accorda à cette occasion un secours de 4 000 francs. Dans cette paroisse le casuel (5) est remplacé par la coussure. Cette sorte d’abonnement produisait en 1876, cinq ou six hectolitres de blé.

Spirituel
Sous l’ancien régime comme depuis le concordat, cette paroisse a toujours eut droit au service curial ordinaire. Le binage (6) y était établi en 1890. La confrérie du Scapulaire y a été érigée dans les premières années du XIX éme siècle ; l’archiconfrérie de Notre Dame des Victoires en 1831. On célèbre la fête de l’adoration le 28 Septembre. Avant la suppression de l’enseignement congréganiste (7) il y avait une école de filles dirigée par deux religieuses des filles de Jésus. Aujourd’hui il n’y a plus que deux écoles laïques.

Démographie
En 1843, 499 habitants, 424 catholiques et 75 protestants ; à cette date 60 hommes et 140 femmes font leurs Pâques. En 1855, 500 âmes, l’église n’est fréquentée que par 60 ou 80 personnes. En 1876, 450 âmes, 70 hommes et 160 femmes font leurs Pâques. En 1879, 525 âmes, 445 catholiques et 80 protestants. En 1890, 387 âmes, 78 hommes et 120 femmes font leurs Pâques. En 1911, 300 âmes.

Titulaires depuis le concordat
1)      François Ladebat, né le 14 Septembre 1730. Curé de Monheurt depuis 1760, il prêta tous les serments. M. Ladavière donna sur son compte à Mgr Jacoupuy la note suivante : curé de Monheurt depuis 42 ans, est un homme très instruit, un peu ardent et jouit à juste titre de l’estime générale.. Maintenu à Monheurt à l’organisation (1803), comme desservant, M. Ladebat y mourut  le 31 Juillet 1812.
2)      Jean Garin né le 13 Avril 1750, venant de la Sauvetat du Dropt où il avait été nommé le 4 Mai 1812. Avant desservant de Fraisses.
3)      Jacques Paulin Lionnet, né le 28 Juin 1806, nommé à Monheurt le 1er Février 1834, transféré à Sainte Côme le 13 Octobtre 1836.
4)      Jean Antoine Morcan, né à Doumilhac le 17 Décembre 1807, prêtre le 20 Décembre 1834, Vicaire à Villeréal le 1er Janvier 1835, recteur de Monheurt le 1er Janvier 1836, de Saint Etienne le 21 Novembre 1841, de Sainte Eutrope le 1er Juillet 1847, décédé le 1er Mai 1861.
5)      Pierre Mericq né le 10 Octobre 1805, nommé à Monheurt le 4 Décembre 1841, transféré à Montmarés le 1er Janvier 1853.
6)      Jean Debrouzier né à Castillonés le 29 Août 1821, prêtre le 20 Décembre 1845, vicaire à Lévignac le 20 Décembre 1845, recteur de Monheurt  le 1er Janvier 1851, vicaire à Lévignac le 21 Novembre 1852, aumônier des filles de Marie à Agen le 2 Novembre 1854, décédé le 13 Février 1864.
7)      Jean Lanusse né le 2 Janvier 1818.
8)      Jean Descazal né le 15 Janvier 1827, nommé à Monheurt  au mois de Juillet 1859, transféré à Villeton le 15 Juillet 1868.
9)      Pierre Seguin né le 27 Novembre 1928, nommé à Monheurt le 1er Avril 1869, transféré à Fourques le 18 Septembre 1884.
10)   Pierre Léon Moureti né à Gontaud le 30 Avril 1853, prêtre le 15 Juin 1878, vicaire à Laroque le 1er Juillet 1878 avec le titre de Norpuh, recteur de Saint Ferréol  le 12 Novembre 1880, de Monheurt le 27 Septembre 1884, retraité le 31 Juillet 1906.
11)   Firmin Auguste Anvolet Pallicé né à Villeneuve sur Lot le 13 Juillet 1878, prêtre le 6 Juin 1903, vicaire de Port Sainte Marie et desservant Mazères le 13 Juin 1903, recteur de Puymasson le 16 Octobre 1905, de Mazères le 8 Décembre 1905, de Monheurt le 18 Juillet 1906.

 Notes :
(1)   toile de brin : la toile de brin est une toile très fine, de premier choix, soit de lin soit de chanvre.
(2)   Aune : Ancienne mesure de longueur, utilisé pour les étoffes et valant environ 1,20 m.
(3)   Journal : unité de surface (correspond à la surface labourée par un cheval en un jour) variable suivant les régions.
(4)   Substruction : En architecture, une substruction consiste en un ensemble de fondations ou de tout autre structure initiale dont le but est de sur élever l’étage le plus bas ou la base d’une construction, au dessus du niveau naturel du sol.
(5)   Casuel : (du lat. casualis éventuel) se dit spécialement des rétributions accidentelles accordées aux curés vicaires ou desservants des paroisses pour certaines fonctions de leur ministère comme baptêmes mariages sépultures messes etc. Le casuel a son origine dans les dons volontaires que les fidèles de la primitive Église offraient à leurs prêtres et qui constituaient alors tout le revenu des ministres du culte. Aujourd'hui que les fonctions ecclésiastiques sont rétribuées par l'Etat le casuel sert encore à suppléer à l'insuffisance de certains traitements : seulement la loi du 8 avril 1802 a exigé que les évêques ou les fabriques des paroisses établissent un tarif de ce qu'il était permis aux prêtres de recevoir dans l'exercice de leur ministère et que ce tarif fût soumis préalablement à l’autorité civile ou judiciaire.
(6)   Binage : Action du prêtre qui dit la messe deux fois le même jour.
(7)   Congréganiste : Qui fait partie d’une congrégation. Ecole congréganiste : école dirigée par une congrégation religieuse.