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27/07/2014

Le seigneur de Boisse en Périgord ...



Extrait de : La France Protestante de Eugène Haag.

ESCODECA (Jean d’)

Seigneur de Boisse ou Boesse en Périgord, laissa de son mariage avec Marguerite d’Aspremont quatre fils :
-          Armand, sieur de Boisse, qui épousa jeanne de Boursolles et n’en eut que deux filles : Marguerite, femme, en 1602, de Henri de Cocumont, marquis de Castelnant, et N., alliée au seigneur d’Oradour ;
-          Jean, sieur de Montsavignac, mort sans postérité ;
-          François, sieur de Villebeau, tué, en 1588, au siége de Beauvoir sur mer ;
-          Pierre, qui a joué un rôle considérable dans les guerres de religion sous Louis XIII.

Nous ignorons si c’est à Pierre d’Escodéga ou à son père que fut confié, en 1568, le gouvernement de Pons, après que Piles s’en fut rendu maître ; nous regardons cependant la seconde supposition comme la plus vraisemblable, et c’est probablement aussi le père qui combattit à Coutras. Quoi qu’il en soit, Pierre d’Escodéga, baron de Boisse, servait depuis longtemps déjà dans le régiment de Navarre, avec le grade de capitaine, lorsque, en 1592, il leva un régiment d’infanterie de son nom, avec lequel il assista aux sièges de Dreux et de Rouen, et fit la campagne du Périgord en 1593. Son régiment, qui avait été fort maltraité sous les murs de Rouen, ayant été incorporé dans celui de Navarre, il en devint colonel et le commanda aux sièges de Laon et de Dijon, au combat de Fontaine-Française, en 1595, et au siège de La Fére, en 1596. La même année, il prêta le serment d’union à l’assemblée politique de Loudun ; toutefois il n’hésita pas à se séparer des ses coreligionnaires et à suivre le roi au siège d’Amiens, en 1597. En 1598, il fut employé à l’armée de Picardie. En 1600, il fit la campagne de la Bresse et fut nommé par Henri IV gouverneur de la citadelle de Bourg, malgré Biron qui en conçut un vif mécontentement.


   Pendant près de quinze ans, Boisse disparaît ensuite de la scène, nous ne le retrouvons qu’en 1615, alors que le parti huguenot, allié à Condé et aux autres mécontents, prit les armes pour s’opposer aux mariages espagnols. Après l’assemblée de Villefranche, à laquelle il assista, il conduisit son régiment à l’armée de Bois-Dauphin, « plus porté, dit La Force, d’ambition et d’avarice que de religion ». 
Une entreprise conduite par lui contre l’abbaye de Saint-Ferme, qu’il convoitait, échoua. L’année suivante, il servit sous les ordres du duc de Guise et mena du secours à La Force attaqué par Grammont. Au mois de décembre de la même année, il se démit de son régiment. Il est fort probable que, dès cette époque, il commença à prêter une oreille complaisante aux séductions de la Cour, qui, pour se l’attacher, le créa maréchal de camp par brevet du 22 mars1619. Ce fut en cette qualité qu’il servit en Guyenne sous le duc de Mayenne, sans rompre ouvertement néanmoins avec le parti huguenot. Loin de là, les députés des églises s’étant assemblés à La Rochelle, malgré les défenses du roi, Boisse, d’accord avec son fils Mirambeau, avec La Forest, gouverneur de Castillon, et avec les consuls de Sainte-Foy, Lajonie, Guigniard et J.Capelle, leur écrivit, dès le mois de février, pour protester « de sa dévotion et fidélité en l’union des églises et en exécution des résolutions de ladite assemblée ». Ces promesses, renouvelées encore le mois suivant, étaient, de sa part au moins, dictées par une odieuse hypocrisie. 

Boisse était dès lors vendu à la Cour, et il avait déjà reçu des ordres du roi pour fortifier Sainte-Foy et Monheurt contre les huguenots. A l’époque de l’assemblée de Sainte-Foy, dans le but évident d’affaiblir le parti protestant, il avait eu recours à toute sorte d’intrigues pour faire nommer député à La Rochelle son affidé Penchant ou Ponchant, qui ne tarda pas à abjurer, et pour se faire donner à lui-même le commandement en chef de la Guyenne, de préférence à La Force. L’assemblée de Sainte-Foy, redoutant de mécontenter l’un ou l’autre, avait renvoyé la nomination à l’Assemblée de La Rochelle qui avait élu La Force général de la Basse-Guyenne, en lui adjoignant Boisse comme lieutenant. Peu satisfait de cette décision qui rompait ses projets, Boisse refusa le poste qu’on lui assignait, tout en renouvelant d’ailleurs à l’Assemblée l’assurance « d’employer sa vie et ses amis pour l’avancement de la gloire de Dieu et maintien des ses églises avec autant de zèle et fidélité que par le passé (Fonds de Brienne, N° 225). Or, dans le même temps, il fit partir pour la Cour, Malleret de Feuillas, de Bordeaux, chargé de protestations d’obéissance et de fidélité de la part des villes de la Guyenne. 
Maître de Montflanquin par Saint-Leger, qui y commandait ; de Tonneins-Dessus, par Jacques de Bruet, sieur de La Garde, qui lui était dévoué ; de Sainte-Foy, de Gensac, de La Mothe, de Castillon, de Montravel, il pouvait, jusqu’à un certain point, promettre à Louis XIII qu’il n’éprouverait nulle part de résistance ; mais Rohan sut déjouer ses manœuvres, en sorte qu’à l’arrivée du roi, il ne put lui livrer que Monheurt et Sainte-Foy, dont la garde lui fut laissée.

    Boisse accompagna Louis XIII au siége de Montauban. Le connétable et les personnes les plus distinguées de la Cour, raconte Le Vassor, lui faisaient des caresses extraordinaires pour l’engager à changer de religion, et il n’en paraissait pas éloigné. Selon Fontenay-Mareuil, on lui promettait, pour prix de son abjuration, le bâton de maréchal de France et la lieutenance du roi en Guyenne. Sur ces entrefaites arriva la nouvelle que Mirambeau, son fils aîné, et Théobon, son gendre, avaient profité de son absence pour se saisir de Monheurt et de Sainte-Foy. Boisse s’empressa de partir, par ordre du roi, et il fit une telle diligence qu’il arriva à l’improviste à Monheurt et s’assura sans peine la place ; puis il s’achemina vers Sainte-Foy où commandait Théobou. Mais, en passant à Gensac,il y trouva Savignac d’Eynesse, huguenot exalté qui s’était promis de punir le traître. A peine était-il descendu dans le logis de l’avocat Nauze qu’il y fut attaqué et tué avec un prêtre, qu’au rapport de Mercure, « il avait toujours avec lui ». Le seul éloge que Pinard trouve à faire de cet ambitieux sans foi, c’est qu’il s’était battu vingt-deux fois et avait toujours tué son adversaire. Fontenay-Mareuil réduit à sept le nombre de ses duels ; c’est déjà trop.

   Pierre d’Escdéca avait épousé Marie de Ségur, héritière de Pardaillan, terre dont il joignit le nom au sien. Il en eut une fille, nommée Jeanne, qui épousa Théobon, et un fils appelé Armand, qui devint marquis de Mirambeau par son mariage avec Madeleine de Pons, fille aînée de Jacques de Pons et de Marie de La Porte. Après le meurtre de son père, auquel on l’accusa faussement d’avoir consenti , il se saisit de nouveau de Monheurt que Louis XIII fit bientôt investir pour se venger sur cette petite ville de l’affront que ses armes avaient reçu devant Montauban. 

Le jeune marquis sembla d’abord disposé à vendre la place, au prix de 4000 écus ; mais bientôt, revenant à des sentiments plus honorables, il rompit la négociation, et bravement secondé par le capitaine Labroue, il se défendit avec courage. Les attaques furent conduites vigoureusement. La mort de Labroue, emporté, le 10 décembre, par un boulet de canon, et la blessure de Mirambeau démoralisèrent les assiégés, et, avec le découragement, l’esprit d’insubordination se répandit dans Monheurt. 
On parla donc de se rendre, mais le roi refusa d’abord toute composition. Il finit cependant par accorder la vie aux gentilshommes et permit à la garnison de sortir un bâton blanc à la main ; mais il refusa de comprendre les habitants dans la capitulation. La ville fut livrée à la discrétion du soldat et réduite en cendres, le 12 décembre. 

Selon le P.Daniel, Mirambeau défendit ensuite Argenton qu’il fut forcé de rendre au duc de Luxembourg. Le Mercure français appelle, en effet, Boisse ou La Boisse le capitaine huguenot qui commanda dans cette place en 1622, en ajoutant que, peu de temps après, il tomba en frénésie et mourut. Nous croyons qu’il s’agit de deux personnes différentes, Castelnaut nous apprenant dans ses mémoires, et il devait être bien renseigné, que Mirambeau, irrité de ce que La Force ne voulait pas consentir à lui livrer le meurtrier de son père, passa dans le camp ennemi, en 1622, tandis que, selon l’Histoire journalière du voyage du roi en 1621, il fut tué en essayant de se jeter dans Sainte-Foy avec le vicomte de Castets. 

   En présence de ces contradictions, il est difficile de décider si c’est Mirambeau qui aurait épousé Victoire de Bourbon-Malause, après la mort de sa première femme. Ce qui est certain, c’est qu’il laissa des descendants qui professaient encore la religion protestante en 1668.